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04/11/2009

Défendre les frais de personnel d’Auchan

En ces temps troublés par une crise économique et financière (et par conséquence sociale), le maître mot dans la bouche des dirigeants des grandes entreprises est : « diminution des frais », et notamment des frais de personnel qui est le poste le plus élevé parmi les frais de fonctionnement.
D’un point de vue financier cela peut se défendre, mais a y regarder de plus prêt…
Cela se traduit par la diminution de la masse salariale ce qui signifie des baisses de rémunérations et/ou des suppressions de postes. On se retrouve par exemple avec un « plan de transformation » touchant 1437 équivalents temps plein, sans volet social !
Ou avec la mise en place de systèmes comme « efficacité opérationnelle » qui servent surtout à presser encore plus l’employé-citron ; l’automatisation, voice-picking en logistique qui transforme le salarié en robot, etc…
Mais aussi des conséquences collatérales, comme la diminution des budgets des CE basés sur un pourcentage de la masse salariale…
(autre exemple : en Centrale la direction a récemment décidé de diminuer sa participation à la carte cadeau de fin d'année. Une économie de bout de chandelle...) 

Pour info, au cumulé 8 mois nous étions à -7,8% sur les frais de personnel.

Il faudrait faire remarquer à ceux qui « tapent » sur la masse salariale, qu’ils en font également parti. Et qu'ils en représentent même une part non négligeable.
Surtout avec des bonus peu ou pas encadrés !

Mais qu'est-ce que la masse salariale ?
On la définie par l'ensemble des charges liées à la rémunération des salariés.
Mais c'est réducteur de s'arrêté là ! En effet celle-ci est composée de personnes humaines qui fournissent un service aux entreprises contre rémunération. Voir celle-ci uniquement comme un centre de coût est une vision minimaliste. Sans salariés il n'y a pas d'entreprise car pas de production de bien et de service.
La masse salariale est donc également la principale richesse de nos entreprises.

Pourtant Auchan n’évite pas l’écueil de la culture du résultat économique et financier, en oubliant qui le réalise !
La direction déclare : « développer une culture de la charge de travail et la réalisation de dispositifs de flexibilité et de transversalité garantissant une heure travaillée productive ».
On peut se demander d’où viennent les résultats d’Auchan France depuis des années ?!
Comment ont-ils été créés et par qui ? Et tout cela en étant insuffisamment productif !?
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Au lieu de toujours vouloir diminuer la masse salariale (et prendre le risque d’accroitre d’autres problèmes par l’augmentation de la pression), considérons-la d'abord et avant tout comme la principale Richesse de nos entreprises. Et à ce titre préservons là !! 

Lire notre article :
Les résultats d’Auchan sont-ils vraiment pénalisés par la France et les frais de personnel ?!

28/10/2009

Les « externes » chez Auchan

C’est en DSIO (Direction des Systèmes Informatiques et de l’Organisation Auchan) que nous trouvons principalement les externes chez Auchan.

En janvier 2009 les effectifs de la DSIO étaient de 907 (480 internes + 427 externes).
En septembre 2009 les effectifs sont de 755 (476 internes + 279 externes).
En quelques mois, la DSIO se retrouve avec un effectif en moins de près de 20% alors que les projets et les charges de travail n’ont jamais été aussi forts et importants…

Un prestataire, c'est un employé d'une société externe qui coûte à l'entreprise d'accueil entre 3 et 5 fois ce que coûte un CDI !
Si cela peut être justifié dans certains cas, dans beaucoup d'autres nous avons atteint le summum de l'incohérence : nombre d’entre eux sont là depuis une dizaine d’années. Autrement dit, ils auraient du être embauché par Auchan depuis longtemps au regard de leur activité pérenne (quelques uns ont eu des propositions d’embauche qu’ils ont refusé au regard de la baisse de rémunération que cela leur occasionnerait ! D’autres ont postulé et ont essuyé des refus mais sont toujours là plusieurs années après…).
L’incohérence, c’est également le faible niveau de recrutement alors que nous dépensons des sommes colossales pour employer des prestataires sur de longues durées.

Autre point : certains externes détiennent des connaissances et l’expérience sur des sujets qu’ils sont maintenant pratiquement les seuls à avoir.

Sur le plan social, il ne faut pas oublier que les externes ne sont pas juste un chiffre sur une ligne de compte, ce sont d’abord nos collègues et aussi légalement « des salariés intégrés de façon étroite et permanente à la communauté de travail ».
Ils partagent les mêmes conditions de travail et les mêmes moyens de productions que les internes. L’entreprise utilisatrice a de nombreux devoirs vis-à-vis de ces salariés, identiques aux siens.

Ce sujet reste d'actualité, et nous comptons demander des détails lors du prochain CE.

12/09/2009

Déclaration au CE concernant la restructuration Auchan

Comité d'établissement du 11 septembre 2009

Manque d’information, manque de temps et manque d’écoute


Dans ces périodes agitées paritairement et de forte montée de chômage, valider ce plan qui socialise les pertes économiques avec la suppression de 1437 postes, sans garantie aucune de création de postes de substitution et avec la certitude de l’intensification du travail, ne nous paraît pas opportun.

 

La CFDT s’interroge sur sa signature de l’accord GPEC qui sert actuellement de faire valoir à l’entreprise.

 

Sur le plan de transformation proposé 

Les principes du plan d’accompagnement ne peuvent être mis en place que si le salarié est acteur de la réorganisation de son rayon,  le changement de poste demandé :

-          Une fiche détaillée du poste à pourvoir

-          La qualification requise

-          Le plan de formation pour y accéder

Enfin nous souhaiterions que le salarié ne soit pas un objet que l’on déplace mais bien une personne qui soit partie prenante dans un projet d’entreprise.

La CFDT ne cautionne pas ce plan de transformation qui oublie trop largement les aspects sociaux.

Nous demandons que le Comité Central d’Entreprise et la commission de suivi soient à nouveau réunies afin que l’entreprise mette en œuvre des mesures exceptionnelles concernant le volet social et humain insuffisant au vu de la taille de l’entreprise.

Lire également Projet de restructuration Auchan

21/07/2009

Projet de restructuration Auchan

-1400 POSTES !

+2500      ????

 

Suite à la réunion du CCE du 7 juillet, la CFDT Auchan ne cautionne pas le plan de transformation et ses projets associés EN L’ETAT.

 

Sur la méthode, il semble que la pratique qui consiste à faire les annonces difficiles en période de congès soit aussi de mise à AUCHAN.
 

De plus nous déplorons la maladresse ou l‘indélicatesse qui met en avant un accord paritaire de GPEC comme l’élément déclenchant de ce projet. 

 

L’accord Gestion Prévisionnelle Emplois et des Compétences (GPEC) signé en mars 2009 se décline en permanence avec ou sans restructuration, même s’il prend plus de sens dans ces périodes « agitées ».

 

Il est évident que l’engagement des 4 organisations syndicales signataires de l’accord GPEC, dont la CFDT, visait et vise avant tout à éviter la mise en place de plan de licenciement collectif PSE bien plus redoutable socialement.

 

Sur le fond nous ne contestons pas le fait que l’entreprise doive s’adapter pour perdurer, mais cela doit se faire de façon équitable et avec de vraies garanties sociales surtout dans ces périodes de poussées massives du chômage.

 

De fait la perte de 1400 postes est acquise mais l’annonce de la création des 2500 postes qui compenseraient cette perte reste floue et incertaine. Elle est d’ailleurs tempérée par des réserves sur l’activité économique à venir du groupe.

 

Force est de constater aussi que la fuite en avant des gains de productivité relatifs à ce plan, induit la taylorisation des taches et la pressurisation des salariés par une intensification du travail.

 

En l’absence d’expertise indépendante ne se limitant pas à une simple approche économique permettant de faire des propositions alternatives, aucun avis ne sera donné par la CFDT.

 

La CFDT  entre autres a donc demandé une expertise qui devrait être rendu au prochain CCE du 9 septembre.

Lire également :

Notre article sur la négo GPEC Auchan
Voir l’accord complet GPEC Auchan que nous avons signé 

21/06/2009

Martin Hirsch demande un moratoire sur les caisses automatiques

Martin Hirsh, Haut Commissaire aux solidarités actives, a déclaré : « Nous discutons avec la grande distribution pour qu’elle confirme un engagement : ne pas prétexter du RSA pour accroître le temps partiel. Et la solution du problème n’est certainement pas de remplacer les caissières par des automates ! C’est soi-disant une demande des clients qui, toujours plus pressés, ne veulent pas attendre. Je ne suis pas d’accord. Fondamentalement, je trouve que ce ne serait pas bien de faire des gains de productivité sur le dos des caissières pendant la crise. En cette période, je suis favorable à un moratoire sur l’installation de nouvelles caisses automatiques. »

Après les mouvements spectaculaires des salariés de la Grande Distribution (opération SBAM CFDT) en 2008, des avancées ont été obtenues en matière de temps partiel et de pouvoir d’achat. Un accord GPEC est également intervenu.
Pour autant le dossier des caisses automatiques n’a pas été refermé. La CFDT soutient cette proposition de moratoire.

Avec la crise, le nombre de demandeurs d’emploi explose. Il y a lieu pour la CFDT d’en appeler à la responsabilité sociale des entreprises du commerce.

La CFDT est prête à négocier un moratoire sur l’installation des caisses automatiques.

La CFDT a adressé un courrier au gouvernement et saisi l’ensemble des organisations syndicales afin d’adopter une démarche commune.

Voir notre article précédent sur ce sujet

26/05/2009

Le chômage explose et la grande distribution fait campagne pour les caisses automatiques

Fausse modernité et services clients illusoires. La grande distribution fait de la pub pour ces engins alors que le chômage a augmenté de 13% en 1 an !

Ces déploiements auront des conséquences sur l’emploi, c’est évident.
Les dépenses actuelles pour ces systèmes (de 150 000 € à plus de 300 000 € par site) donneront lieu à une recherche rapide d’amortissement. En ce moment plus que jamais, ce sont les frais de personnel principalement dans la mire.

La signature de la CFDT sur l’accord GPEC (gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences) n’est pas un blanc-seing aux déploiements des automates de caisses.
Nous ne cautionnerons aucun projet visant à diminuer les effectifs.

Pour la CFDT ce sont les Hommes et les Femmes qui comptent, avant le profit des plus riches. En cette période c’est l’emploi qui doit faire l’objet de toutes les attentions.

La CFDT appelle tous les citoyens à privilégier les caisses traditionnelles et à réclamer un service et un accueil de qualité en sécurisant les emplois.

A lire :
http://www.lunion.presse.fr/index.php/cms/13/article/2973...

http://alternatives-economiques.fr/blogs/parienty/2009/05...

Une petite note d’humour, quand même…


17/04/2009

GPEC Auchan

Un accord sur la gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences a été signé à Auchan par CFDT, CFTC, CGC et FO.

Cette négociation s'est déroulée avec en toile de fond de nouveaux déploiements d'automates de caisses (Rapid'Auchan pistolet scanner couplé au système Spidde pour l'encaissement, avec en cible 20 à 30 magasins installés par an dès 2009).

La recherche de réduction des frais de personnel à tout prix faisant craindre des baisses d'emploi, la CFDT a été particulièrement active sur ce sujet en menant les opérations SBAM sur l'emploi en caisses (80 000 signatures de soutient).

Nous avons obtenu une clause de sécurisation primordiale : Article 3 : ...Une veille particulière sera exercée à propos des nouvelles technologies,..... Un bilan précis des perspectives sociales sera présenté au préalable à tout déploiement généralisé de nouvelles technologies pouvant impacter l'emploi.


Nous souhaitions que toute confusion soit écartée entre GPEC et plan social (PSE).
En effet, trop souvent les employeurs ont mélangés GPEC et plan social lors de licenciement collectif (PSE). Il était impératif de dissocier les deux. La GPEC n'a rien à voir avec la gestion des licenciements. C'est au contraire un outil d'anticipation pour éviter d'en arriver à un PSE.

Il s'agit principalement d'anticiper les évolutions métiers - l'ensemble des métiers (employés et encadrement) - au plan quantitatif et qualitatif.

Une commission GPEC est mise en place et tiendra lieu d'observatoire des métiers. Une veille particulière doit être exercée sur les métiers sensibles et les nouvelles technologies.
Une liste d'indicateurs a été définie.

Quelques exemples de mesures sur les métiers sensibles :

Des primes de mobilité sur un site différent sont prévues, variant selon les charges de famille de 3 250 à 7 050 euros.

Le salarié volontaire pour bénéficier d'un temps partiel sur un métier sensible percevra durant un an une indemnité compensant la moitié de sa perte de rémunération.

L'accord contient des mesures en faveur des séniors
Le dispositif sur le temps partiel est amélioré pour les seniors. Une indemnité complémentaire compense la seconde moitié de la perte de rémunération due au passage à temps partiel :
- pendant 18 mois s'il a de 45 à 55 ans
- pendant 24 mois s'il a de 55 à 57 ans
Si le senior a au moins 57 ans à son entrée dans ce dispositif elle est versée sans limitation de durée, jusqu'à la retraite. De plus, les salariés de 57 ans optant pour le temps partiel et souhaitant cotiser, pour la retraite, sur la base d'un salaire reconstitué à temps plein, bénéficient du maintien par l'entreprise de sa part de cotisation.

Formation
Les CIF sont favorisés. L'entreprise prendra en charge en complément du FONGECIF :
- jusqu'à 100% des frais de formation (inscription et frais pédagogiques)
- jusqu'à 80% des salaires perçus habituellement pendant toute la durée de la formation suivie.

Nous notons la distinction entre « adaptation au poste de travail », « évolution dans l'emploi » et « développement des compétences ». Mais si le bilan et le plan de formation présenté dans les CE n'est pas adapté pour suivre distinctement ces 3 domaines, on ne verra rien de la politique réelle, comme nous l'avons mainte foi signalé !

La CFDT est satisfaite des avancées obtenues, mais restera vigilante sur le respect et l'application de l'accord.

Il nous faudra utiliser tous les leviers du paritarisme d'entreprise existant :
- Pour les volets formation et âge/travail
il faudra insister aussi sur les suivis de commission accord paritaires, CCE et CE
- La commission Grand projet qui se réunit tous les trimestres devient plus que jamais primordiale, et servira à déclencher les mesures
si nécessaires
-
La commission classification elle aussi doit être reliée à cet accord  

Cet accord d'entreprise n'est pas parfait, notamment sur les volets formations et sur l'aspect âge et travail. Cependant il constitue en 1er lieu un support d'analyse partagée de l'évolution des métiers.
Son intérêt réside aussi dans la formation et dans les contres partis proposées aux salariés en cas de changement de poste.

Voir l’accord GPEC Auchan

24/11/2008

Aux magasins AUCHAN, nouvelle opération SBAM (SBAM2)


Sur plusieurs magasins Auchan, le 21 novembre, la CFDT a alerté les clients sur une nouvelle vague d'implantation de Caisses Automatiques et sur le travail du dimanche


A AUCHAN, en pleine négociation sur la gestion prévisionnelle de l’emploi, les implantations d’automates -sans garantie sociale- reprennent  partout en France …en attendant l’arrivée de « R.A » : Rapid’Auchan : le pistolet qui tue l’emploi ! Couplé avec le système SPIDDE pour l'encaissement... 

Un déploiement de 20 à 30 magasins tous les ans dès 2009

Demain, avec ce pistolet, le client comptabilisera lui-même ses achats et règlera à la borne à l’aide d’une carte de « fidélité » : Plus besoin d’hôtesses à part quelques contrôles aléatoires ! Qui est assez naïf pour croire qu’Auchan va garder toutes ses hôtesses avec des 100K€ minimum à amortir par site ?
Pour la CFDT, c'est la disparition annoncée - sans garantie- de milliers d’emplois. Le contexte de fortes tensions économiques, l’annonce de la baisse de la taxe professionnelle relative aux investissements et
la LME ne doivent pas servir de prétexte à des régulations sociales par le bas. Pour la CFDT  les emplois doivent être sécurisés et  le travail du dimanche ne doivent pas justifier et servir de prétexte à un déploiement de ces automates "tueurs d'emplois".

La Direction Générale d’Auchan fait mine d’ignorer la 1ère expression des « consommacteurs » qui a vu 80 000 pétitions signées en 2007 lors de la première opération SBAM (Sans Borne Automatique Merci) contre l’implantation des caisses automatiques. Le déploiement des nouvelles technologies, ne  doit pas se traduire par l’enrichissement des employeurs au détriment des emplois. La RSE responsabilité sociale de l’entreprise doit être de mise !  Dans ces périodes de négociations sur l’emploi (GPEC) la section CFDT Auchan exige des garanties réelles. Puisque la direction Auchan proclame qu’il n’y aura pas de suppression d’emplois relatives aux nouvelles technologies,  alors ... chiche ! Qu’elle  s’y engage réellement dans l’accord de la GPEC !

La CFDT n'est pas contre les évolutions technologiques, mais demande une anticipation sur les conséquences pour l'emploi.

La CFDT a donc lancé un rappel à l'ordre le 21 novembre dans plusieurs hypers. Plusieurs militants attendaient les clients à la porte des magasin  AUCHAN pour leur faire signer des pétitions et leur distribuer des flyers.

Vous pouvez être solidaire en signant les pétitions :
- Sans Bornes Automatiques Merci
- Travailler le dimanche !?

Sites web :
www.sbam2.fr
http://cfdtauchan.canalblog.com

Articles de presse :

- Auchan Leers, la CFDT a manifesté contre les bornes automatiques et pour l'emploi
- Une pétition pour soutenir les hôtesses de caisses
- SBAM à Auchan Sète
 

06/02/2008

Pour la première fois dans la grande distribution, plusieurs syndicats font front commun.

Jamais, jusqu’à ce 1er février, les syndicats du commerce n’étaient parvenus à s’entendre pour construire main dans la main une action commune dans le secteur.
C’est désormais chose faite.

Après trois ans de travail de rapprochement, les trois syndicats de la grande distribution – CFDT, CGT et FO - ont appelé les 635 000 salariés à une journée nationale de grève contre la précarité dans toutes les enseignes.

"80 % des hypermarchés ont été touchés dans toute la France, entre 65 % et 70 % des supermarchés et 50 % dans la logistique", a déclaré Aline Levron, secrétaire nationale du pôle commerce à la CFDT Services.
Le mouvement s'est souvent décliné en débrayages de plusieurs heures, ponctués de distributions de tracts, de rassemblements et de manifestations.

Chez Auchan, nous avons eu des débrayages ponctuels, affirme Jean-André Laffitte, directeur des ressources humaines, le mouvement a touché 1 800 personnes sur 50 000 salariés et 60 sites (logistique et hypermarchés confondus) sur 150."

Le patronat de la branche, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD) a fait état d'un taux de grévistes de 4,5%, mais avec 40% des 1.400 hypermarchés touchés, et 8,5% de l'ensemble des 11.000 magasins. Le fonctionnement d'une vingtaine a été bloqué.
"C'est la première fois qu'il y a une manifestation de cette ampleur", a quand même fini par reconnaitre le président de la FCD, Jérôme Bédier.

Même s’il s’est agi de débrayages d’une à deux heures, cette grève est doublement historique. Car comme l’a noté le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, "Il est difficile de s'arrêter de travailler quand on a la pression du chef (…) et perdre de l'argent pose de graves problèmes lorsqu'on est imposé en dessous du SMIC".

La pression patronale est forte dans ce secteur où les syndicats ont été souvent pourchassés et ne sont implantés qu’avec peine.

La grande distribution "cumule tous les problèmes" que l'on peut rencontrer lorsqu'on est salarié, a estimé François Chérèque, venu apporter son soutien aux salariés d'un magasin parisien. Dans la grande distribution, "en premier lieu, on a un problème de pouvoir d'achat, il s'agit de très bas salaires alors que la moitié des salariés sont à temps partiel", a expliqué à l'AFP François Chérèque devant l’enseigne de distribution. "Ensuite, il faut noter que les conditions de travail sont très difficiles, avec des pressions très fortes de la part des employeurs", a-t-il ajouté soulignant "que l'on commençait à avoir des problèmes d'emploi dans ce secteur avec la mécanisation des caisses".

La grande distribution n'est pas vraiment une habituée des mouvements sociaux. Guy Laplatine, délégué syndical central CFDT chez Auchan, le reconnaît : «  On ne fait pas ça brutalement. On n'est pas des grands grévistes. À Boulogne, nous avons utilisé le temps de pause, pendant une demi-heure, pour nous réunir au même moment. C'est surtout le moyen de nous exprimer. »

Mais le premier motif de grogne, ce sont les salaires. Des magasins ont d'ailleurs été verbalisés "pour infraction à la réglementation relative au smic". Plusieurs procédures devant les prud'hommes ont même été engagées, notamment à l'encontre d'Auchan. D'autres enseignes seraient visées, précise Jean-Louis Bienvenu, secrétaire fédéral à la CFDT Services.

Au menu des revendications, forcément, la liste se fait longue. Un écrasement des salaires au niveau SMIC, près de 40 % de temps partiel imposé, un temps de travail annualisé, qui réduit la possibilité de réaliser des heures supplémentaires majorées, des horaires éclatés jusqu’à tard le soir et le week-end, des postes parmi les plus exposés aux troubles musculo-squelettiques, un sous-effectif chronique, des exigences de rentabilité qui, liées à la faible présence syndicale, poussent les directions à utiliser des moyens de pression plus ou moins légaux…


Il fallait beaucoup de courage pour quitter sa caisse et aller tracter à l’entrée du magasin «La direction a essayé de nous intimider, ils vont noter les noms…» a souligné une salariée.

"C'est la troisième année consécutive sans augmentation de salaire sur la branche", se désole Aline Levron, secrétaire national en charge du commerce à la CFDT.

Le rapport de branche de 2006 révèle que 37% des employés sont à temps partiel, ce taux montant à 70% dans le hard discount. Ces salariés précaires sont des femmes majoritairement. "Quand vous faites 22 heures à temps partiel, vous vous situez au niveau du seuil de pauvreté. Dans cette situation, difficile de boucler les fins de mois, d'autant plus quand vous êtes une familles monoparentale...", explique Aline Levron.

Les syndicats réclament aussi l'ouverture de négociation pour anticiper les suppressions d'emplois liés au développement des nouvelles technologies. "Toute la chaîne va être touchée, explique la syndicaliste de la CFDT. Demain, par exemple, les caisses seront automatiques. Le client passera son caddie sous un tunnel, les produits équipés de puce et le ticket de caisse sortira tout seul... Que vont devenir les caissières ?" Elles sont 200.000, soit 50% des postes de la grande distribution." Et d'expliquer que la question de la reconversion doit se poser maintenant.

01/02/2008

Pétition en ligne Action CFDT, CGT, FO.

Salariés du commerce, ensemble, pour de meilleurs salaires, pour l'emploi et pour le respect du repos dominical :


Signez la pétition en ligne !

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